Les critiques // Broadchurch (UK) : Saison 1. Bilan.

Les Anglais nous ont offert une belle pépite en mars dernier avec Broadchurch, une très sympathique série policière. Beau succès de ITV (Downton Abbey, Mr Selfridge), elle a rassemblé 8.86 millions de téléspectateurs et à donc logiquement été renouvelé pour une seconde saison.

Une petite communauté se retrouve sous les projecteurs des médias après la mort d'un petit garçon. Deux enquêteurs sont chargés de résoudre cette affaire délicate, tout en essayant de garder la presse à distance et de préserver le tourisme. Face à un tel drame, les habitants commencent à s'épier les uns les autres, faisant remonter à la surface bien des secrets...
Broadchurch peut faire penser à bien des égards à The Killing. Pour autant, elle est un plus gai. Notamment dans son climat, là où The Killing est toujours dans la pluie, le froid et les grosses polaires, Broadchurch est agréable à regarder, la plage, les falaises et le vieux port font d'elle une ville paisible. C'est une très belle ville et c'est un beau cadre. La ville a un aspect typique. Là où beaucoup de séries américaines ont des décors parfaits, aux rues nickel-chrome, aux maisons parfaitement aménagées, Broadchurch joue sur le brut deséléments, comme la chambre de Ellie qui n'est même pas peinte, où encore ses bibliothèque pas très rangé. Tous ses petits détails font de Broadchurch une série authentique.

La série commence donc par le meurtre du petit Danny. Une introduction sobre mais efficace. On va donc rapidement faire connaissance avec les deux protagoniste principaux Alec Hardy (David Tennant) et Ellie Miller (Olivia Colman) en charge de l'enquête. Un duo très efficace par leur complémentarité, Alec Hardy reclus, nouveau en ville avec un passé et Ellie Miller habitante de la ville qui connaît tout le monde et qui a des liens avec les personnes du village, c'est elle qui m'a le plus surpris de part son humanité. J'ai aimé qu'elle soit directement touchée par l'enquête et ne se cache pas, de par sa décontenance devant le corps de Danny et ses larmes quand elle annonce la mort du petit à ses parents qu'elle connaît bien, en effet, Danny était l'ami de son fils. Dès le départ de l'enquête on sent que l'émotion va être très présente dans la série.
 L'émotion donc, c'est l'une de ses plus grandes réussites. On va souvent se sentir le cœur serré face aux situations diverses même vis-à-vis des habitants, qui, au début nous paraissait assez antipathique. Je pense tout d'abord à la mère de Danny, Beth. J'ai trouvé l'actrice éblouissante et vraiment touchante, elle n'en fait pas des tonnes et c'est plaisant. Je retiens surtout le moment où après avoir été épiait au supermarché elle pète littéralement un plomb sur le parking. Je pense aussi à Jack dont j'étais certain de le détester pour une raison totalement personnelle, pour les connaisseurs, il joue le rôle de Walder Frey dans Game of Thrones, ceux qui regardent la série sauront pourquoi. Et pourtant l'acteur m'a réellement chamboulé, alors qu'il était le suspect numéro un, en étant accusé de pédophilie, il va nous raconter son histoire avant de se suicider. C'est ce que j'aime dans cette série, ses réactions humaines, on ouvre les secrets de chacun et celui qui nous paraît le plus suspect, toute la ville se jettera sur lui, peut importe les conséquences futures. C'est vraiment très bien gérer et ce sera donc Jack qui en fera les frais. Troisième scène marquante ce fut quand Ellie découvre le coupable et le frappe, je ne vous dirais pas qui pour ne pas gâcher le suspens, mais sachez qu'en voyant cette scène vous aurez littéralement de la compassion pour elle. J'ai choisi ces différentes scènes marquantes mais sachez qu'en 8 épisodes, la série en regorge beaucoup.

L'intrigue de Broadchurch est donc centré sur la mort de Danny, sachez que contrairement à The Killing, la série conclue son intrigue à la fin des 8 épisodes. Et c'est 8 épisodes sont riches en événement. Chaque épisode est plus où moins égal, maniant à merveille l'enquête policière, la vie familiale et la vie de la communauté. Les différentes pistes posée à travers les épisodes vont donc se rejoindre lors du dernier épisode pour former un tout cohérent.

Il y aura beaucoup de rebondissements et beaucoup de secrets. Je parle directement de la fin, mais c'est pour insister sur le fait que j'étais cloué sur les fesses. Alors qu'avec The Killing j'avais réussi à deviner qui était le tueur, avec Broadchurch un gros ''Putain'' est sorti de ma bouche. Et les raisons de ce meurtre m'ont encore plus troublé. J'aurai aimé qu'ils aillent jusque bout et que ça soit carrément glauque, parce que la raison du meurtre était peut-être trop simpliste, mais bon, c'était quand même déjà assez troublant et malsain. Malgré tout, on avait la liste des suspects dès le début, on en élimine quelques uns au fur et à mesure et pourtant... On ne peut s’empêcher d'être surpris.
De plus, beaucoup de secrets provenant des habitants vont éclater, notamment ceux de Mark, le père de Danny, de Hardy, du Reverend Paul Coates, de Susan et de Jack. Tous sont très intéressants et apporte vraiment beaucoup à la série.
J'aimerai aussi revenir sur le ''médium'' de la série, j'ai trouvé cet aspect surnaturel très bien traité. Il ne va pas être d'une grande aide pour la police, ni prendre une grande place dans l'histoire mais néanmoins il va être convaincant et faire de son mieux pour aider, on a envie de le croire. Mais malgré toutes cette émotions, des touches d'humours vont parfois émaner, alors certes c'est subtil, mais ça marche. Surtout venant de Hardy qui par ces répliques cyniques vis-à-vis de Ellie vont souvent mouche. Le dîner entre Hardy, Ellie et son mari était d'ailleurs assez fun.

Note : 8/10 Bref, Broadchurch est une série très sympathique, mais pas excellente. Elle aura le mérite de vous captivez en vous proposant une histoire riche et complète avec des acteurs brillants mais tout en simplicité. Vous aimerez sûrement la ville avec ses longues plages et ses falaises lugubres, vous serez probablement surpris par le dénouement. J'attends la saison 2, mais avec une certaine réticence, la saison 1 concluait parfaitement la série, tant au niveau des personnages, que des intrigues, mais je fais confiance au scénariste de trouver une excellente raison de me faire revenir à Broadchurch, ne serait-ce pour revoir ce magnifique paysage.

Par : Arthur Guerardelle