MOVIE | Star Wars The Last Jedi : Notre critique !

Rédigé par Pravine Barady
Comment parler de cette fin d’année sans évoquer le phénomène mondial qui a ravivé la flamme des fans il y a 2 ans avec Le Réveil de la Force et qui est enfin de retour ? Depuis 1977, la saga est devenue mythique, légendaire, et Le Réveil de la Force a été une réelle déception pour les fans, autant par son contexte de présentation qui devait mettre en avant un univers qui était éteint pendant 10 ans, mais également par son caractère répétitif venant d’anciens films. Et bien, sachez-le, The Last Jedi est totalement différent de tout ce qu’on a pu voir auparavant, c’est un film qui brise littéralement les codes de la saga, pour nous proposer un contenu divertissant et jouissif malgré un côté bourratif inévitable.

Les quelques instants avant le début de ce générique connu de tous est un instant intense, excitant, et incroyable à vivre : le silence est automatique, et remet directement les fans dans le film. Ce qui manquait à Star Wars, c’est une patte particulière, voire d’auteur afin d’offrir une mise en scène originale et différente (George Lucas était figé dans une mise en scène classique, sans surprises). The Last Jedi a des partis-pris venant de Rian Johnson qui sont visibles notamment à travers la réalisation qui met en avant des plans rapprochés sur les différents personnages, à la fois de manière esthétique, mais également de manière symbolique et représentative de l’état d’esprit. Les gros plan sur Kylo Ren sont extrêmement importants, et par ailleurs, Adam Driver est incroyable et bien meilleur dans ce film. En effet, l’esthétique est un point important et essentiel : il y a les films qui esthétisent et rendent beau l’image mais est mauvais à côté, et il y a l’esthétique qui est simplement un avantage visuel, et c’est cette seconde option qui est ici active. Par ailleurs, la prédominance de la couleur rouge est présente à travers le film et représente beaucoup plus que la violence, notamment à travers la planète composée de sel devenant rouge en l’effleurant. Visuellement, ce film est une bombe, et toutes les séquences d’action sont époustouflantes, on retrouve enfin des combats que nous pensions ne jamais revoir, autant au corps à corps, mais également dans l’espace dans les X-Wing.

Ce qui faisait vraiment peur, ce n’était pas de retrouver l’univers, puisqu’il possède des codes qui ont toujours été utilisé, c’était de retrouver une histoire et parvenir à combler les fans avec celle-ci. Et bien Rian Johnson a rendu le film cyclique, pas d’un terme péjoratif, mais il capte notre attention pendant 2h30 en mettant en parallèle des séquences à en couper le souffle, et des dialogues intéressants pour les personnages (qui font avancer l’histoire). Si la guerre était visible petit à petit dans l’opus précédent, celui-ci est direct, il n’y a pas de temps morts, d’ailleurs les survivants de l’armée Rebelle sont de moins en moins nombreux et les enjeux sont présents, il n’y a plus de place à l’échec, et c’est une manière de briser les codes de Star Wars, qui nous a montré des mouvements rebelles qui ont quasiment toujours abouti. La défaite, la déception, la perte d’un proche sont évoquées, nous ne sommes plus simplement face à de simples « morts », ils commencent à peser. Tout comme pour le spectateur.


Si les personnages restent intéressants et le retour de Luke Skywalker est un véritable plaisir (son interprétation est géniale et son personnage vraiment changé), la présence à l’écran de Carrie Fisher est également un hommage intense, elle vole toutes les scènes dans lesquelles elle se trouve. Néanmoins, la partie entre Luke Skywalker et Rey peut paraître longue, et cela fait parti des défauts du film, ce fameux décalage entre les attentes et la réalité. Nous nous attendions à un entraînement intense, mais c’est autre chose qu’il se passe. Snoke fait également parti de cette possibilité de déception, mais c’est une scène nécessaire afin de faire évoluer le personnage de Kylo Ren. Tout comme les révélations autour des parents de Rey, cela va poser problème à certains fans.


Cette partie sera consacrée à de véritables spoilers, alors ne la lisez pas si vous n’avez pas vu le film. Les thématiques du Padawan et de son maître sont de retours, et cela fait un bien fou. Kylo Ren terrasse son maître Snoke, Luke Skywalker a un contact avec son second maître, Yoda. Bien évidemment, la présence du fameux Yoda a provoqué un amour profond des fans, surtout que sa présence est intelligente (nous avions déjà vu Obi-wan de la même manière, son « âme »). Quant à Snoke, la déception est présente puisqu’on s’attendait au moins à un combat entre Rey & Kylo vs Snoke, le grand méchant qui nous avait été teasé a disparu mais ce n’est pas vraiment le problème, il aurait peut-être fallu nous montrer un combat contre lui. Quant à la présence de la force en Leia ne pose pas problème, c’est assez naturel au final vu qu’elle est la sœur de Luke, mais c’était légèrement déplacé de la faire agir ainsi alors que nous n’avions jamais vu Leia utiliser la force… La grosse polémique va résulter de la fin du film, la mort d’un héros et d’un personnage incroyable : Luke Skywalker. Il est mort comme son maître, et nous savons pertinemment qu’il sera présent à travers Rey, comme l’était Obi-wan et Yoda à travers Luke, mais sa présence nous manquera. La prestation de Mark Hamill dans le film était incroyable. Jusqu’où Kylo Ren va t’il s’engouffrer dans le côté obscur tout en gardant en lui une part de lumière ? Rey parviendra-t-elle à sauver l’univers en entraînant de nouveaux Jedi ?

Note : 8/10. En bref, The Last Jedi est une bombe visuelle dotée d’un fan-service bien maîtrisé et d’une histoire prenant malgré le fait qu’elle puisse être répétitive et bourrative. 

Bande-annonce :