Les critiques // Supergirl, The Flash, Arrow, Legends of Tomorrow : Crisis On Earth X

Rédigé par Julie Debelfort
Et on y est ! Le crossover tant attendu réunissant les quatre séries de l’Arrowverse a enfin été diffusé sur la CW. Et qu’on se le dise, après un crossover la saison passée quelque peu incomplet, celui de cette année a largement dépassé le tout premier crossover de l’Arrowverse,  Invasion. Retour donc sur Crisis On Earth X, entre actions et émotions.

Plutôt que de nous concentrer uniquement sur le dernier épisode de Supergirl, nous avons choisi de nous intéresser au crossover dans son entièreté, puisqu’il réunissait les séries de l’Arrowverse toutes  ensemble, c’est à dire Supergirl (Part 1), Arrow (Part 2), The Flash (Part 3) et Legends of Tomorrow (Part 4). Très bien ficelé, contrairement au crossover de l’année dernière qui avait à peine intégré Supergirl à son début d’intrigue, Crisis on Earth X apprend de ses erreurs. Ainsi, dès les premières minutes de Supergirl, le crossover est pleinement entamé, avec Kara et Alex qui se rendent sur la Terre de Barry pour assister à son mariage, en compagnie d’autres héros connus, entre Green Arrow et les Légendes telles que Sara et Mick. Sur les quatre parties dédiées à ce crossover, la première débutant dans Supergirl est probablement la plus légère et comique. Loin d’être un mal, le premier épisode a ainsi pu poser les bases de l’histoire, mais aussi de se faire rencontrer nos différents protagonistes, entre humour et rebondissement soudain à la fin de Crisis On Earth X Part One, avec l’intervention de nazis au mariage de Barry et Iris.

Les nazis, parlons-en. L’année dernière, nous avions droit à une invasion de Dominators, ennemis qui ont d’ailleurs refait leur apparition dernièrement dans Legends of Tomorrow, et qui ont été cités au tout début de l’épisode de Supergirl pour la première partie du crossover, comme en référence à celui de l’année passée. Autant se l’avouer, si le tout premier crossover tenté pour les séries de l’arrowverse avait constitué une véritable bonne surprise, il n’avait pas non plus été exceptionnel, du moins, Invasion n’aura certainement pas marqué autant les esprits que Crisis on Earth X. Ici donc, on peut largement dire qu’il est assez extraordinaire. L’invasion des nazis aurait pu sembler exagérée, mais elle est en vérité joliment introduite, avec ce parallélisme mettant en scène la Terre-X, qui voit les doubles maléfiques de nos héros servir pour le régime tant redouté et encore craint de nos jours d’Hitler. Sur cette Terre, la 53e parmi toutes celles existantes, les nazis ont donc remporté la guerre, et le fürher n’est autre que le double d’Oliver Queen. A ses côtés, le terrible général, Overgirl aka … Kara, ou plutôt, son double également ! Les deux sont mariés, surprise qui se découvre dans la partie deux du crossover, et qui permet également de justifier cette invasion impromptue, entre désir de domination et désir de sauver l’être-aimé, encore une fois. Car oui, les nazis ne sont pas dépeints que comme des monstres sans coeur, puisqu’une grande partie de leur histoire tourne autour de la romance entre les doubles Kara et Oliver, et ce, avec justesse. Melissa Benoist et Stephen Amell remplissent véritablement leurs rôles à la perfection, et ils incarnent véritablement à la perfection ces vilains qui ont de quoi en dégoûter plus d’un, des suites de leur cruauté envers les humains dits inférieurs, et de leur loyauté envers un régime justement inhumain. 

L’autre bonne surprise fut les interventions de certains personnages qu’on n’aurait pas pensé voir pendant ce crossover. De Tommy Merlyn (très court temps à l’écran, mais si jouissif tout de même), en passant par Winn (impressionnant Général de la Résistance qui rend si bien à l’écran) au Père Lance (terrible nazi très bien interprété par l’acteur), il y avait de bonnes surprises. Ajoutons-à cela l’intégration de Ray, héros homosexuel issu de la Terre Une mais qui se bat pour la Terre X, et Citizen Cold, version plus douce et affectueuse de Captain Cold, et on obtient une véritable pelleté de personnages qui s’inclue à merveille dans le crossover. Les quatre épisodes représenteront presque 2h40 de temps à l’écran, et ils se dégustent, à la suite, comme un film digne des productions Marvel et DC du grand écran. Les efforts au niveau des effets spéciaux et de la construction du scénario, allant de son introduction à sa conclusion, sont perceptibles à chaque instant, et le rendu est impressionnant. Chaque héros des séries de l’Arrowverse a droit à son temps à l’écran, certes inégal, mais suffisant pour pleinement apprécier les participations de tous. 

Pour finir, rendons hommage à Victor Garber, qui quitte son personnage tant aimé de Martin Stein, tout en émotion. Qu’on se le dise, c’est avec grandes peines qu’on aura retenu les larmes de sillonner nos joues, tant ses adieux furent tristement magnifiques. Sa fin est très difficile, mais elle rend honneur à ce personnage qui faisait partie de la team originale des Legends, et qui marquera les esprits pendant encore longtemps. On ne sait pas vraiment comment Jax se remettra de cette perte, tout comme le reste de l’équipe, mais sa mort risque d’impacter pendant encore un moment la série Legends of Tomorrow. On tire notre chapeau aux acteurs en tout cas, et au personnage Stein qui quitte en toute beauté le show, se sacrifiant pour ses camarades et surtout pour celui qu’il considérera comme son fils, Jax. Des adieux intenses, mais justement joués, qui finiront compensés par le double-mariage de Barry/Iris et Oliver/Felicity à la toute fin du crossover.

Le seul point noir de ce crossover sera donc la présence d’Eboard Thawne. Si Tom Cavanagh aura encore une fois joué avec brio ce personnage, on a toutefois un manque d’explications quant à sa présence sur la Terre-X. La justification de voyages temporels est assez floue et peu aidante quant à nous faire comprendre comment Eobard a encore une fois échappé à la mort. Cependant, reconnaissons-le, il fallait bien un ennemi à la hauteur de Flash, et rien ne vaut le grand antoganiste de la saison une de la série pour lui rendre justice.

Note : 9/10. En bref,  un excellent crossover, meilleur que celui offert l’année dernière. Crisis on Earth X pouvait aussi bien être visionné à part des séries Arrowverse qu’à la suite de tous les épisodes de chacune des séries concernée, ce qui avait de quoi ravir grands fans comme simples curieux du résultat. Au final, le crossover a tout d’une claque visuelle pour le petit écran, qui n’a rien à jalouser de la Justice League du grand écran, avec un grand nombre de personnages réunis juste pour cette occasion. Sans aucun temps mort, les productions de Berlanti auront donc réalisé une petite pépite de 2h40, et auront surtout hissé la barre très haute pour l’année prochaine, qui voudra certainement diffuser un nouveau crossover pour l’Arrowverse.