Les critiques // Inhumans : Saison 1. Episode 3. Divide and Conquer.

Rédigé par Julie Debelfort
Après l’échec plutôt cuisant du démarrage d’Inhumans lors de la diffusion du season premiere la semaine passée, voici que l’épisode 3 essaie quelque peu de rehausser le niveau. Si ce n’est pas une réussite complète, on peut au moins apprécier cette tentative admirable de recoller les morceaux de la série déjà fortement critiquée.

Nous avons été les premiers à être moyennement convaincus par le season premiere d’Inhumans. Sans être l’horreur totalement pressentie, la série avait un potentiel rapidement gâché pendant ses deux premiers épisodes. Cette semaine, l’épisode trois aura eu le mérite de donner un peu plus de consistance à Inhumans et de développer quelque peu les frères Black Bolt et Maximus, approfondissant ainsi leur intensité et la complexité de leurs caractères assez opposés. L’un ne veut pas être roi mais son destin est pourtant scellé, tandis que l’autre veut l’être à tout prix mais souffre d’une tare irréparable. Si les flashbacks avaient été tristement fades la semaine passée, ici, ils apportent du relief à ces deux protagonistes que tout oppose. Il y a un côté relationnel qui n’est pas sans rappeler la fraternité complexe que partage Thor et Loki : si Maximus ne souffre pas d’une adoption qui n’aura de cesse de lui rappeler qu’il n’est pas du même sang royal que sa famille adoptive, il souffre de cette même mise à l’écart, de cette sensation de différence qui lui colle à la peau. Maximus n’est pas un antagoniste à proprement parler, puisqu’on se surprend la plupart du temps à compatir avec lui (bien que sa version enfantine soit plus creepy que sa version adulte). Méprisé parce qu’il n’est pas inhumain, se sachant incapable de toucher au trône, il y a de quoi le prendre en pitié.  On apprend donc, pendant ces 40 minutes, à apprécier un peu plus les frères prisonniers chacun de leur destin, bien que l’un a réussi à s’en accommoder sans peine tandis que l’autre trouve sa force dans sa faiblesse originale.

Le développement de ces personnages était donc bienvenue : la période prison par laquelle est passée Black Bolt fut également assez appréciable à suivre. On regrette toutefois qu’elle s’achève déjà, même si, pour une saison de 8 épisodes, il est forcé que les actions s’enchaînent à un rythme assez rapide. On se surprend à rire devant certaines scènes de cet épisode de bon coeur, aussi bien quand Medusa s’adresse à un distributeur pour lui donner de l’argent que quand les prisonniers félicitent Black Bolt pour avoir sonné quelques flics. Des doses d’humour pas forcées, qu’il fait bon de savourer sans craindre une exagération digne des débuts de Lockjaw lors du season premiere. 

Point faible de cet épisode toutefois : Crystal et Medusa. L’une bénéficie à peine de cinq minutes de présence à l’écran, tandis que l’autre n’est toujours pas développée. Si ce n’est le flashback assez pitoyable du season premiere, on ne sait toujours pas comment Medusa est devenue la queen qu’elle est à ce jour. Quant à sa sœur, elle semble toujours être cette femme faible, un peu moins naïve, mais toutefois encore sous-exploitée. Certes, on aura eu l’agréable surprise de la voir se rebeller face à Maximus alors qu’on la voyait presque se faire manipuler par lui. Mais elle reste cette jeune femme en détresse, désespérée sans Lockjaw (ou avec lui quand il est blessé à la toute fin de l’épisode) dont on n’arrive pas à connaître l’ampleur des pouvoirs encore à ce stade. 

Le pire du pire reste néanmoins Gorgon et Karnak. Si le premier fait face assez lamentablement à Auran et sa petite armée, le deuxième souffre de son pouvoir défaillant et paraît plus faible que jamais. On doit avouer qu’on n’arrive toujours pas à se remettre de sa chute totalement irréaliste du season premiere. Ce visionnaire qui se loupe pathétiquement est quelque peu dénaturé depuis le début d’Inhumans et on n’arrive pas vraiment à s’attacher à lui. De même qu’à Gorgon, qui souffre d’un manque de charisme assez évident. La bataille entre lui avec ses alliés humains et Auran avec Mortus et les autres inhumans d’Attilan souffre également d’un manque de saveur : les effets sont bien maîtrisés, mais ils n’ont rien d’exceptionnel. Ce fut un moment assez sobre, ni plus ni moins.

Enfin, Louise entre en jeu alors que son chemin croise celui de Medusa, qui loupe de peu de retrouver son mari. Son personnage reste toujours aussi énigmatique, mais on se doute que si Marvel a gardé les informations sur Louise aussi secrètes, c’est bien qu’il y a une (bonne, espérons-le), raison derrière. Le mystérieux docteur Declan entre également en scène, campé par un Henry Ian Cusick bienvenue.

Note : 5/10. En bref, un épisode qui remonte légèrement le niveau des deux premiers pour mériter une petite moyenne. Difficile d’augmenter plus la note avec des moments assez fades, mais heureusement, les aspects positifs permettent d’effacer plus ou moins les négatifs de notre esprit. Si chaque épisode s’améliore ainsi, alors on peut se permettre d’avoir de bons espoirs pour la fin de saison d’Inhumans.

Dans le prochain épisode :