Les critiques // Supergirl : Saison 2. Episode 22. Nevertheless, She Persisted.

Rédigé par Julie Debelfort
Hier soir était diffusé le season final de Supergirl. Après un 21e épisode quelque peu décevant, on s’attendait forcément à un final éclatant : on ne pourra pas dire que ce ne fut pas le cas, mais ce season final oscille entre petites bévues et impressionnantes scènes d’action.

Impressionnantes scènes d’action : cela va surtout pour désigner le combat entre Superman et Supergirl. Il est évident qu’une grosse partie du budget de la série a dû passer dans la réalisation de cette scène, avec des ralentis qui rehaussent la qualité du combat, qui se montre d’un réalisme efficace pour deux personnes se battant avec des super-pouvoirs. Plus que la scène en elle-même, c’est la durée de celle-ci qui convient également : on pouvait craindre un Superman en mode marionnette pour tout l’épisode, mais il n’en est rien. A vrai dire Kara se débarrasse vite de son cousin, du moins en un temps raisonnable sur quarante minutes, et c’est fort appréciable : voir Superman version zombie n’aurait pas été très intéressant, pas plus que de faire durer leur dualité au vu de l’intrigue principale. On doutait également de l’intérêt d’amener Zod dans la série, mais il est finalement finement joué : la silver kryptonite fait son effet et est bien utilisée pour faire un clin d’œil à cette rivalité légendaire qui règne entre Superman et Zod. Il est également bienvenue de voir Kara « battre » son cousin : il  y a fort à parier que certains fans de l’homme d’acier n’ont pas dû apprécier la chose, mais quand on considère sa mission première en étant envoyée sur Terre, son âge censé être plus avancé que celui de son cousin, et les difficultés qu’elle a traversé depuis son enfance sur Terre…Eh bien, elle a clairement été élevée plus à la dure que Superman, ce qui lui procure une force psychologique et physique largement méritée. Il était donc assez logique qu’elle soit celle qui sorte vainqueur du combat, certes avec beaucoup de mal (tout de même elle n’affronte pas n’importe qui) et toute en subtilité, sans trop en faire une tonne là-dessus. Un bon point pour la série alors même qu’on craignait en début de saison que le Superman de Tyler Hoechlin lui vole la vedette !

Malheureusement, si le combat entre Supers est très convainquant, celui entre Rhea et Kara manque clairement de peps. Les effets spéciaux sont de suite moins efficaces et on sent que le combat sert plus de vitrine au reste de l’intrigue qu’à autre chose, ce qui gâche ce qui était pourtant présenté comme le combat à ne pas manquer avec celui de Superman dans la promo de Nevertheless, She Persisted (ce titre d’épisode est quand même d’un charisme discutable). Rhea perd de plus en plus de son charisme également : si Teri Hatcher joue son rôle à la perfection, on regrette presque que le personnage ne soit pas apparu plus tôt dans la série pour bénéficier de temps supplémentaire à son développement et à ses jeux de manipulation, qui rendaient mieux honneur au personnage que ce final. Tout ce qu’on retiendra pour terminer, c’est que même avec de la kryptonite dans son sang, elle ne s’est pas montré à la hauteur et aura été la cause du propre renvoi de son fils : bravo la méchante. Et sinon, Cadmus dans tout ça, ça devient quoi ? Eh bien, on le saura au prochain épisode… Après avoir présenté Lilian et son organisation comme l’ennemi de Supergirl de cette saison, au final il n’en est rien. Elle s’est fait voler la vedette par Rhea, et les deux ennemies de Kara se retrouvent quelque peu déçues et décevantes. Les actrices ont rempli leur part du contrat, pourtant il y a ce sentiment d’inachevé qui plane à la fin de ce season final.

Notons également que ce season final aurait pu mieux être écrit sur plusieurs points : d’abord, une invasion pareille, ça ne laisse pas indemne. Des morts, il y a du y en avoir, des dégâts aussi. L’épisode précédent s’intéressait un peu plus à l’aspect socio-politique que provoquait forcément une telle invasion, mais cela aurait également dû être continué pour ce dernier épisode. A la place, on s’est beaucoup centré sur Supergirl et ses proches, à savoir forcément Mon-El. Les autres ont fait figures de statues éventuellement utiles au décor, avec une Alex et Maggie impuissantes, qui viennent pourtant de passer une sacrée étape dans leur relation. Winn, Lena et Lilian même n’ont servi qu’à peu de chose, si ce n’est à construire le dispositif/virus allant à l’encontre des daxamites. Même le retour de M’gann est passé presque inaperçu, tant il a été amené dans l’épisode comme un coup de vent, un de ceux qu’on loupe facilement. Le retour de M’gann aurait du être plus spectaculaire, plus justifié peut-être, mais on est loin du compte. Et que dire de James, dont l’apparition est plus assimilée à un caméo qu’à autre chose…

Qu’à cela ne tienne, cela reste toutefois un bon épisode général. Sur le plan émotionnel en tout cas, nous ne sommes pas lésés. Même si nous n’avons jamais été friand du couple Kara/Mon-El, il faut reconnaître que la scène d’adieux entre les deux étaient intense, et aurait presque pu nous tirer quelques larmes : Melissa Benoist et Chris Wood ont partagé un véritable moment et cela s’est ressenti, émotion puissamment partagée avec le téléspectateur. On aurait d’ailleurs pu s’attendre à ce que Kara envoie Mon-El dans la Zone Fantôme mais il n’en est rien, et les dernières minutes de l’épisode nous laisse sur de nombreuses interrogations : où a disparu Mon-El, et quel est cet enfant kryptonien démoniaque envoyé sur Terre ? Réponse dans la prochaine saison.

Note : 6.5/10. En bref, un season final qui n’était pas vraiment à la hauteur de la saison 2 en elle-même, mais qui aura tout de même rempli son cahier des charges : des scènes louables, avec notamment deux moments forts qui ont été sublimement apportés et qui font pardonner plus facilement le bâclage de scénario ou la disparition de personnages qui auraient pu prendre plus d’ampleur au vu de la situation de crise. Et un spécial bonus à Calista Flockhart, qu’on espèrera retrouver plus longuement pour la saison 3. Finalement, rien ne lui échappe, pas même l’identité de Supergirl…