Les critiques // Supergirl : Saison 2. Episode 10. We Can Be Heroes.

Rédigé par Julie Debelfort
Supergirl revient pour son dixième épisode, et c’est certainement la première fois que la série n’aura jamais autant moins mérité son nom. Explications.

Ah Supergirl… l’héroïne rêvée de bien des gamines, et ce n’est pas Cat Grant qui dira le contraire. Oui, certes elle n’est plus là, un peu comme le but premier de Supergirl au final. Si We Can Be Heroes propose une histoire plutôt bien menée et pas désagréable à regarder, on doit quand même avouer qu’on perd le fil : Supergirl, ce n’est pas censé être Kara qui utilise ses pouvoirs et son sens de la justice pour sauver le monde ? Parce que clairement, hier soir, c’était The Guardian et Mon-El qui prenaient les devants sur l’héroïne, et on commence à douter du choix des scénaristes de nous sortir des héros à chaque coin de rue. 

Qu’on se le dise, nous ne sommes pas des féministes prêts à brandir les pancartes à tout bout de champs. Pourtant, on ne peut s’empêcher de tiquer en voyant que le rôle de Supergirl devient désormais le rôle de James Olsen, de Mon-El, de Superman il fut un temps. On a ce sentiment de perdre l’idée première et originale, surtout dans le monde sériesque actuel très penché sur les super-héros, qui visait à mettre en avant une héroïne ayant son propre nom en guise de titre de série. Pendant 40 minutes, Supergirl en prend pour son grade, et son rôle semble être remis en question. Certes, ce n’est pas à nous de « décider de qui doit être héros ou pas ». Mais cela dit, doit-on vraiment justifier le fait que ce n’est pas très normal de voir Supergirl se faire voler la vedette par deux héros sortis de nulle part ? Jusque là, l’idée de The Guardian était intéressante dans le sens où James Olsen prenait une nouvelle ampleur. Et surtout, il n’empiétait pas forcément sur le travail de Supergirl, donc malgré une rivalité entre les deux héros, c’était tout à fait acceptable. Mais désormais, The Guardian veut prouver sa valeur, ose dire que Mon-El ne peut pas être un héros, alors même que ce dernier veut également faire les beaux yeux à Kara en jouant les sauveurs. On s’emmêle les pinceaux, on écarquille les yeux devant les arguments bateaux de chacun tant c’est incongru et complètement hors contexte de voir Supergirl se battre avec ses « amis » qui semblent plus vouloir leur part du gâteau que vraiment aider les gens. Au final, mis à part compliquer les relations des personnages entre eux, et assister à une certaine chute de Supergirl, ni Mon-El ni The Guardian n’auront prouvé quoi que ce soit durant 40 minutes. Et c’est frustrant, en plus d’être désolant.

Heureusement toutefois, il y a du bon dans « We Can Be Heroes ». Et c’est une histoire secondaire qui voit le retour du White Martian, M’gann, qui arrive à nous faire ressentir de l’émotion, une intensité certaine comme il commençait à en manquer depuis quelques temps. Le lien entre Hank et Megan est fort, tortueux, tourmenté, mais plein d’affection et de sentiments non-dits. L’histoire entre les deux personnages est compliquée, du fait de leur passif, et cela permet de faire ressortir des émotions chez eux, notamment chez Hank qu’on ne voit que très peu « humain » au final, puisqu’il est le genre d’homme à tout contrôler et à tout garder pour lui en apparence. Les carapaces se brisent un peu, les liens se resserrent, le pardon est trouvé. Les scènes entre Megan et Hank sont réussies, de même que le lien entre les Danvers et leur boss qui ne s’en retrouve que plus puissant. Une histoire secondaire qui n’est pas de trop et qui sauve cet épisode, et qui permet en plus de mettre en avant des personnages qu’on pensait presque mineures face à l’égo-surdimensionné des nouveaux héros de la série.

Note : 5/10. En bref, une note moyenne, décidée à grande peine, mais surtout tristement sauvée par l’intrigue des White Martian. La réclamation du rang « d’héros » à tout va nous agace et on se demande si Supergirl va vraiment garder son nom d’ici la fin de la saison.