MOVIE | Suicide Squad : Notre critique !

Rédigé par Pravine Barady
Pour qu’un film soit rentable, il faut vendre du rêve. Et c’est ce qu’a fait les publicités pendant des mois et des mois, que ce soit au niveau des promos, des teaser, ou bien des trailer, Suicide Squad égale facilement son prédécesseur Batman v Superman. Ce projet décomplexé qu’est Suicide Squad est réalisé par David Ayer. Anciennement connu pour ses scénarios efficaces, il incarne un réalisateur confirmé depuis Fury (2014).


Synopsis : L’agent Amanda Waller réunit une escouade spéciale composée de méchants, ils sont utilisés dans le but d’accomplir une mission suicide.

Divisé en deux parties, le film va tout d’abord permettre aux spectateurs de découvrir ce concept vénéré par les fans de DC Comics : la Suicide Squad. Nous sommes alors plongés dans des flash-back plus au moins long en fonction des personnages. L’histoire de chaque membre est racontée par Amanda Waller, et cette succession est magnifique. Deadshot, Harley Quinn crèvent l’écran et sont exploités de manière phénoménale, au détriment des autres personnages comme El Diablo, Captain Boomerang ou bien Killer Croc. En effet, nous pouvions observer Batman, interprété par Ben Affleck dans les flash-back de Deadshot et Harley Quinn, alors que les autres ont le droit à une histoire bien plus courte. Cependant, en regardant le film, nous ne pouvons que souhaiter que chacun d’entre eux puissent avoir un film solo.


La seconde partie est tout simplement la mission suicide, et c’est ici que le problème principal persiste. L’action est un gros défaut du film, non pas parce qu’il n’y en aurait pas assez, mais simplement parce que les membres sont trop nombreux pour pouvoir exploiter correctement tout leurs pouvoirs. Nous voyons à un moment qu’El Diablo peut créer des formes avec ses flammes, il aurait été judicieux de le faire combattre ainsi. C’est autour d’Enchantress que tourne la trame principale, et c’est probablement ce qu’il y a de moins intelligent dans le film. N’accusons pas Cara Delevingne, mais simplement l’écriture qui rend son rôle aussi inutile. Tout devient alors très prévisible et presque incohérent avec un rendu visuel médiocre de la forme finale d’El Diablo et du frère d’Enchantress. Toute cette partie se déroule en ville, ou dans des bâtiments, peut-être que c’est le manque de diversité qui donne cette impression de vide. Le manque de violence crue comme dans Batman v Superman est un grand problème, mais choisir des ennemis ne pouvant pas saigner est déjà un signe que Suicide Squad veut pouvoir être vu par un public large.


Cependant, la réalisation est soignée de manière à corriger les scènes d’actions qui sont vides de sens. L’utilisation des ralentis est notamment d’une aide fondamentale, nous rappelant parfois le fameux Watchmen. L’interaction entre les personnages et les dialogues font parti de la réussite du film, les plus mémorables étant de la part de Deathshot (« Triangle bitch ! » qu’on retrouve dans le dernier trailer), et d’Harley Quinn. L’humour est présent, certes, mais il est bien dosé et est très bien géré. Après un débat sans fin sur le Joker, Jared Leto fait taire tous ceux qui auraient pu douter de lui. En effet, nous le voyons moins que les autres personnages mais dès qu’il apparaît, la scène est épique. Jared Leto joue sur son caractère psychopathe, même si nous retrouvons quelquefois cette impression de gangster que nous pouvions voir en Heath Ledger. Will Smith est d’une classe ahurissante, et Margot Robbie est simplement époustouflante. Rajoutons quand même que la bande-son va au film comme un gant. Mention spéciale pour la scène où "Without Me" d’Eminem résonne derrière les membres de la Suicide Squad se changeant. Quand à la fameuse scène mid-credit, Amanda Waller fait face à Bruce Wayne. La scène n’apporte pas grand-chose, mais est une simple ouverture à la fameuse Justice League.

Note : 8/10. En bref, Suicide Squad est le troisième film du DCEU et se veut plus décomplexé que ses prédécesseurs. Le casting, les dialogues, et la relation entre les personnages est un grand atout du film, mais le scénario pose problème dans la deuxième partie du film.

Bande-annonce :