MOVIE | The Huntsman : Notre critique !

Rédigé par Pravine Barady
Prequel et suite du film Blanche-Neige et le Chasseur, c’est au tour du français Cédric Nicolas-Troyan de prendre les commandes. Surtout connu dans le domaine des effets visuels (Assassin de Kassovitz, les Pirates des Caraïbes de Gore Verbinski…), c’est son premier long-métrage en tant que réalisateur. L’interprète de Thor, Chris Hemsworth fait équipe avec la belle rouquine Jessica Chastain qu’on ne présente plus pour incarner Eric et Sara. N’oublions pas la fabuleuse Charlize Theron et la douce Emily Blunt… 

Synopsis : Le volet précédent était basé sur l’accès au trône de Blanche-Neige à l’aide du chasseur la protégeant de la maléfique reine Ravenna… Cette fois-ci, loin de l’incarnation de Kristen Stewart, l’intérêt est porté sur la relation entre Eric et Sara, des chasseurs élevés et séparés cruellement par la Reine des glaces (au cœur brisé) : Freya.

Le film est fascinant du début à la fin, au point que nous ne voyons pas le temps passer, c’est un excellent divertissement, mais qui laisse aussi matière à penser. Les trente premières minutes du film sont consacrées à la justification de l’idéologie actuelle de Freya, la Reine des glaces. Mais également à l’enfance des chasseurs, nous voyons comment ils deviennent des abeilles obéissant à leur reine. La transition des enfants que nous verrons grands plus tard est parfaite, la gestion du temps est faite de manière à ce qu’on ne se perde pas : le réalisateur combine premièrement un timelapse sur l’hibou et le décor en arrière-plan, et un autre timelapse est fait sur la foret, nous nous retrouvons alors 7 ans plus tard. Sans oublier la transition entre Conrad Khan (Eric enfant) et Chris Hemsworth (Eric chasseur) qui s’effectue de manière intelligente.

Le scénario est simpliste, et pourtant il se suffit. Ce défaut majeur est bouché par les qualités qu’on arrête de compter à un moment tant elles sont nombreuses. L’une d’entre elles est la place omniprésente de l’amour, non pas comme une niaiserie qu’on retrouverait dans n’importe quel film, mais à travers un conflit d’idéologie portant le film à lui-même. En effet, l’amour est traité sous différentes visions : celle d’Eric, qui le considère comme obligatoire, altruiste et faisant parti du bonheur de l’Homme. Et puis la Reine des glaces, la Reine Ravenna et Sara qui le voit comme étant la faiblesse de l’Homme, et de nature éphémère. On peut ainsi s’identifier aussi bien du camp des optimistes que celui des pessimistes, et c’est l’évolution de cette idée de l’amour qui rend le film spécial.

Le traitement du miroir est particulier puisqu’il prend une forme humaine, il ne reste pas un simple miroir qui parle, et c’est un concept assez travaillé permettant de justifier le retour de la Reine Ravenna. L’univers fantastique est condensé comme il faut avec un humour à la fois lourd et efficace, les nains sont grossiers et suscitent le rire chez les spectateurs, mais ce n’est pas les seuls puisque la performance de Chris Hemsworth est simplement, fabuleuse. Il prend plaisir à jouer son rôle, et on le sent, il fait également parti de ceux qui provoquent le rire. Sans sa dulcinée qu’il essaye de reconquérir, Jessica Chastain, le film n’est plus ce qu’il est. En effet, elle dégage quelque chose de particulier et tout lui réussit dedans, même les scènes de combat semblables à des scènes de Kung-Fu sont impressionnantes. N’oublions pas des performances impeccables d’Emily Blunt et Charlize Theron.

Le travail des ombres et de la lumière est comparable parfois au long-métrage Crimson Peak réalisé par Guillermo Del Toro. Les décors sont fantasmagoriques, surtout le château de la Reine des glaces, et les créatures sont bien travaillées (les gobelins, et les petites créatures). Les costumes sont également formidables… La bande-originale est réalisée par le grand James Newton Howard et apporte un appui considérable au récit parfois long. Si l’on pouvait faire une critique au film, ce serait la fin bâclée : les chasseurs se révoltent contre les Reines d’un coup, alors qu’ils pouvaient le faire il y a bien longtemps…

Note : 8,5/10. En bref, ce prequel est une véritable surprise et nous laisse bouche-bée devant un univers fantastique sophistiqué, des acteurs formidables, un rendu visuel épatant, une idéologie intéressante de l’amour et un aspect comique utile au bon fonctionnement du film. 

Bande-annonce :