MOVIE | The Revenant : Notre critique !

Rédigé par Pravine Barady
Alejandro González Iñárritu remporte en 2015, l’oscar du meilleur réalisateur pour Birdman, interprété par Michael Keaton. Cette année, après un débat animé, il reçoit l’oscar du meilleur réalisateur pour The Revenant, véritable chef-d’œuvre de cet artiste. La particularité de ce grand homme est dans sa nature, très spirituelle, notamment à cause d’événements tragiques qui se sont produits dans sa vie comme la mort de son fils. Il choisit ses acteurs sur leur détermination visible à travers leurs yeux, « Les yeux présagent de tout, c’est une porte d’entrée. Je voyais bien que ceux de DiCaprio me promettaient : une totale soumission ». Et c’est comme ça que celui-ci remporte enfin, après de longues années d’attente, l’oscar du meilleur acteur de l’année après avoir subi de terribles épreuves lors du tournage glacial…

Synopsis : Dans les origines de l’Amérique, une guerre violente et intense fait rage dans l’occupation de ce territoire. Vers les années 1820, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et se retrouve entre la vie et la mort. Il est délaissé par ses compagnons, et décide de se venger après un rétablissement miraculeux.

The Revenant est un film qu’on pourrait qualifier de purement artistique. Alejandro est connu pour son intérêt cinématographique à la mort, ce qui n’est pas du tout morbide, mais simplement réaliste. Déjà dans 21 Grams, son second film, la zone entre la vie et la mort est fortement travaillée. Alors dans The Revenant, c’est l’aspect principal de la première partie du film, où Hugh Glass, interprété par Leonardo DiCaprio se retrouve vraiment très proche de la mort. Cela s’accompagne de visions, toutes aussi irréelles que les autres, mais tellement bien mises en œuvre à l’écran, notamment grâce à l’utilisation d’une lumière forte, à la limite divine. Des scènes silencieuses, où nous n’entendons plus la nature, mais une simple voix-off parlant par-dessus. Il faut savoir qu’il a voulu tourner le film avec un éclairage naturel, les heures de tournages sont donc très longues mais courtes en même temps puisqu’il fallait tourner très tôt le matin, et assez tard le soir, les prises étaient donc limitées. 

Depuis la mort de son petit fils, décédé deux jours après sa naissance, une scène revient sans cesse dans son cinéma si particulier. Celle d’une forêt immense aux arbres gargantuesques filmée en contre-plongée. On peut remarquer, sans avoir besoin d’un œil observateur, que les arbres sont essentiels au film, et la caméra joue très souvent avec, comme s’il les défiait. C’est également ce qu’on pouvait remarquer dans 21 Grams, Sean Penn est traversé au début et à la fin du film par cette scène, représentant pour Alejandro, un devoir de mémoire. Plus le temps passe dans The Revenant, plus les visions de son fils et de son passé se précisent, et plus les arbres se multiplient.

Le scénario a beau être simpliste, ce n’est pas ce sur quoi le film est basé. Cette idée de vengeance prend une place prépondérante car elle évolue, en effet, The Revenant n’a pas pour but de nous offrir une morale qu’on doit apprendre par cœur. Hugh Glass voit son fils mourir devant ses yeux, ou plutôt se faire tuer par John Fitzgerald, un homme avide de pouvoir et d’argent, joué d’une manière fantastique par l’acteur britannique Tom Hardy. Et cette œuvre est basée sur la motivation d’un homme qui n’a plus rien, et qui vit littéralement pour se venger. L’importance de tuer Fitzgerald est telle, que Hugh Glass se fait déchiqueter par un ours, mange le foie d’un bison et un poisson vivant, ouvre les entrailles d’un cheval et le vide pour dormir à l’intérieur à la recherche d’une chaleur inexistante dehors. La photographie, dirigée par Emmanuel Lubezki, est ce qui fait d’un simple film, une œuvre d’art. 

En effet, tout le film est simplement beau, et pourtant tout est réel, il n’y a aucun artifice. On pourrait critiquer la longueur de ce film (2h36), mais tout est nécessaire même s’il y a au moins 20 minutes d’exposition naturelle inutile dans le sens où elle n’apporte rien au développement de l’histoire. Il porte un véritable amour pour la nature, comme si un cercle infini se créait : l’homme vit dans la nature, l’homme doit dominer la nature afin de survivre, mais il est impossible de la dominer puisqu’elle est gigantesque et incontrôlable (les conditions météorologiques, l’immensité désertique des lieux, les animaux féroces…), mais toutefois, il est possible de coexister avec. Il faut tout de même faire attention à la violence sans honte du film, les hommes se font tuer d’une manière aussi sanglante que les animaux, et les maquillages sont d’une représentation tellement réelle que les spectateurs lâchent des cris fragiles en voyant les blessures des personnages. Mais c’est cette sincérité qui fait de la dernière scène du film, le combat sanguinaire entre Fitzgerald et Glass, une scène qui restera dans nos mémoires. Des doigts se font hacher, des coups de couteaux sont plantés… On pouvait penser à Tarantino à certains moments pour cette violence presque gratuite, et surtout aux crânes scalpés qu’on retrouve dans Inglorious Basterds. Le film est interdit aux moins de 12 ans, mais devrait au moins être déconseillé aux moins de 16 ans.

Bien évidemment, les acteurs sont exceptionnels. Leonardo DiCaprio mérite sans l’once d’une hésitation son oscar. On le découvre sous un nouvel angle, « à la fois animal, martyr, saint et esprit », très loin de ses interprétations commodes comme dans le Loup de Wall Street, Gatsby le magnifique, ou bien Roméo + Juliette. Tom Hardy est comme à son habitude doté de son humour sarcastique, un des meilleurs acteurs de nos jours. La véritable découverte est Will Poulter incarnant Jim Bridger, acteur qui monte de plus en plus dans l’industrie du cinéma. On l’avait découvert avec le Labyrinthe, ou bien la comédie Les Miller, une famille en herbe… Et il finit dans un film à oscar.

Note : 9/10. En bref, The Revenant est un film artistique, c’est en un sens, une peinture magistrale. Et c’est à son réalisateur qu’on doit cela, et à son casting fougueux. Violence gratuite, survie très réaliste, l’expression de tous les sentiments… C’est ce qu’on peut voir dans The Revenant.

Bande-annonce :