Les critiques // Doctor Who : Saison 9. Episode 6. The Woman Who Lived.

Rédigé par Nicolas Gardères
Après une introduction réussie du personnage de Maisie Williams la semaine dernière, et une fin d’épisode prometteuse qui lançait des pistes intéressantes sur ce personnage, Doctor Who exploite cette semaine un peu plus cette intrigue en nous proposant des réflexions intéressantes. Si l’épisode paraît dans l’ensemble assez banal et pas forcément à la hauteur des enjeux, on se retrouve finalement face à un épisode sobre et intelligent.

Dans cet épisode, le Docteur retrouve alors Ashildr, plusieurs siècles après lui avoir sauvé la vie et l’avoir rendu immortelle, faits quelque peu surprenants de l’épisode précédent. La semaine dernière, on pouvait notamment se demander pourquoi le Docteur n’avait rendue une personne immortelle qu’après tout ce temps. Après tout, le Docteur a perdu bien des personnes au fil de ses aventures, mais jamais il n’était allé aussi loin pour sauver une personne lambda. L’épisode précédent apportait quelques éléments de réponses avec sa prise de conscience et son rappel du besoin de sauver les gens qu’il rencontre. Cette semaine, la réflexion se poursuit et prend une nouvelle tournure intéressante.

Tout l’épisode repose clairement sur Ashildr et son immortalité, ou plutôt les conséquences de son immortalité. Un parallèle pertinent est alors effectué tout au long de l’épisode entre l’immortalité d’Ashildr et en quelque sorte celle du Docteur. Ce petit parallèle ne fait que renforcer une complicité particulièrement efficace entre les deux personnages, on en viendrait presque à oublier l’absence de Clara pendant tout l’épisode. Ou presque. Son absence pendant l’épisode nous fait  tout de même un peu plus apprécier son retour à la toute fin de l’épisode.

Pour en revenir aux réflexions établies sur l’immortalité d’Ashildr, Doctor Who se pose des questions déjà posées mais les transpose sur un autre personnage. C’est assez malin et ça nous permet de voir les choses sous une autre perspective, tout comme le Docteur. On comprend alors pourquoi ce dernier n’a jamais donné l’immortalité à un de ses compagnons. Plus qu’une réflexion sur l’immortalité, on est face à une réflexion sur la mort, la vie et les petits plaisirs qui proviennent de notre mortalité. Doctor Who n’est pas la première à s’essayer à cette réflexion, elle l’avait déjà fait il y a plusieurs saisons de ça avec Jack Harkness, mais c’est une nouvelle fois très bien amené.

L’épisode est très intelligent sur ces réflexions bienvenues et nécessaires face au comportement du Docteur et de celui joué par Peter Capaldi en particulier. Ce que l’on peut reprocher à cet épisode, c’est peut-être la simplicité de son intrigue de base. Ashildr a passé des siècles dans la solitude à vivre des aventures certainement extraordinaires en passant derrière le Docteur à plusieurs reprises, et on se retrouve ici face à une histoire assez banale. Heureusement, Ashildr et son évolution psychologique nous font quelque peu oublier le manque de folie de cette intrigue.

Quoi qu’il en soit, Ashildr, jouée par une Maisie Williams en grande forme, aura apporté beaucoup de bien à la série le temps de deux petits épisodes. On espère la revoir un peu plus tard dans la série puisqu’elle a amené beaucoup de fraîcheur et pourrait faire partie d’une intrigue un peu plus ambitieuse, son personnage le mérite.

Note : 7,5/10. En bref, épisode intelligent de Doctor Who qui développe de fascinantes réflexions sur l’immortalité. On pourra seulement regretter une intrigue assez banale et moyenne alors que le personnage d’Ashildr méritait peut-être quelque chose d’un peu plus ambitieux.