Les critiques // True Detective : Saison 2. Episode 1. The Western Book of the Dead.

Rédigé par Michael Garcia
Le voilà enfin! Après de long mois d’attente, l’anthologie co-produite par Woody Harrelson et Mathew McConaughey reprend l’antenne d’HBO ; et ce, non sans des attentes assez élevées, et il ne serait pas étonnant que cette saison souffre de la comparaison avec la précédente, qui, il faut bien l’avouer, filtrait constamment avec l’excellence. Exit désormais l’occulte malsain, il est questions ici de viols, meurtres, corruptions, que de réjouissances impliquant de près ou de loin les vies désordonnées des protagonistes.

L’épisode suit la bagatelle de quatre arcs narratifs différents, qui convergeront pour lancer l’intrigue principale, à travers un meurtre à l’acide d’un personnage, un certain Caspere. C’est malheureusement une véritable sensation de trop plein qui ressort de cet épisode ; trop d’informations - pour la plupart floues qui plus est - sur trop de personnages, qui rendent l’exposition brouillonne. On en vient même à avoir des doutes sur la temporalité, oscillant constamment entre le présent narratif et certains passages du passé, il est complexe de situer les actions de chaque personnages par rapport aux autres. De plus, le grimage de Collin Farrell se résume à le raser et lui couper les cheveux pour le rendre plus jeune, ce qui est bien moins impressionnant que pour les personnages de la saison 1. Un second visionnage sera peut-être nécéssaire pour mieux envisager le tout, ou alors c’est une volonté de Nic Pizzolatto de nous laisser hagard, affaire à suivre.

Ray Velocoro, policier alcoolique, violent et impulsif doit désormais faire appel aux services d’une avocate, concernant son fils, fruit supposé du viol de son épouse, quelques années plus tôt, et supposé est sa paternité car aucuns tests n’as jamais vraiment était effectué. « My son is my son ». Ayant obtenue une information capitale de la part de Frank Simyon sur le violeur présumé, qui n’as jamais était retrouvé par la police au passage, ces deux hommes sont restés liés; ce qui reste paradoxal, Frank étant présenté comme un patron de casino corruptible et corrupteur, l’archétype du « bad guy », toujours entouré de ses hommes de mains. Ajoutez à cela un patrouilleur motard de la police de Los Angeles obsédé sexuel acceptant une fellation pour faire sauter une contravention, avec la moitié du corps calciné et des pulsions suicidaires, et vous obtiendrez le casting complet des hommes que nous suivront cette année.

Puis, un peu douceur dans ce monde de brutes, vint Rachel McAdams interprétant une policière, qui sera très certainement l’atout charme de cette saison. Mais, anthologie True Detective oblige, cette policière est une accro à la cocaïne dont la soeur, ancienne drogué révolue donne désormais dans la porno connecté, et le père, un maître spirituel religieux sectaire, que d’aucun nommeront illuminé notoire, souhaitant une société sans normes, et dont la mère c’est suicidé quelques années avant. On comprend mieux pourquoi elle a bien besoin d’un verre en cette fin d’épisode. Les personnages sont complexes et plutôt bien développés, même si cela semble étriqué dans ce format de 60 minutes.

Niveau réalisation, et même si il y a quelques plans caméra a l’épaule rendant l’image tremblante, c’est un rendu assez propre, mais linéaire. Il y a beaucoup trop de plans monuments, destinés à bien nous faire comprendre où se situe l’action, qui rendent les transitions superficielles. 

Soulignons toutefois l’excellent générique, à la fois original et reflet du précédent. Les producteurs ont l’intelligence plus qu’appréciable de ne pas confondre clin d’oeil et auto-plagiat. Dans l’ensemble, c’est un très bon épisode estampillé True Detective, qui nous donne un aperçu prometteur pour les sept épisodes restant. On attendras donc une montée crescendo et des trouvailles aussi marquantes que la saison précédente, afin de confirmer que cet hybride entre le monde des séries et celui du cinéma est un des meilleurs atouts d’HBO.

Note : 7/10. En bref, un premier épisode prometteur malgré quelques longueurs, qui donne toutefois hâte d’aller plus loin dans les intrigues mises en place cette saison.

Dans le prochain épisode :