Broadchurch (UK) : Bilan de la saison 2 !

Rédigé par Nicolas Gardères
Après une première saison riche en émotions et en rebondissements, Broadchurch était de retour pour une saison 2 particulièrement attendue, même si beaucoup restaient dubitatifs quant à la nécessité d’une suite aux très bons 8 épisodes de la saison 1. Le téléspectateur a eu suffisamment de temps pour digérer le final particulièrement bouleversant et se prépare donc à vivre à nouveau une aventure palpitante.


Les interrogations sur la direction de la saison 2 étaient nombreuses. Alors qu’à la fin de la première saison on apprenait l’identité du tueur de Danny, cette seconde saison prolonge cette histoire en s’intéressant au procès du présumé coupable. Broadchurch décide donc de creuser et développer ce qu’elle a entrepris plutôt que nous proposer un nouveau meurtre, et ça c’est une excellente nouvelle. Mais ce jugement ne sera pas la seule intrigue de la saison puisque l’on suivra également l’affaire de Sandbrook, déjà évoquée en première saison comme étant l’enquête qui a affecté notre héros Alec Hardy. Si ces deux intrigues en parallèle peuvent paraître un peu lourdes au premier abord, la balance reste équilibrée tout au long de la saison et on avance à petits pas comme on en avait l’habitude en saison 1.

Oui mais voilà, l’affaire de Sandbrook ne passionne pas. Les suspicions sur le tueur ne seront jamais à la hauteur de celles du tueur de Danny, et cette intrigue ne trouvera pas son intérêt comme elle aurait dû. C’est certainement le gros point faible de cette saison. Alors que les scènes au tribunal restent touchantes et impliquent le spectateur aisément, l’intrigue autour du tueur de Sanbrook ne trouve pas sa place et, jusqu’au bout, restera plutôt décevante. Néanmoins, la grande force de Broadchurch, c’est sa capacité à nous rendre vulnérable à tout moment. La première saison a su être bouleversante et touchante plus d’une fois, et c’est également le cas de la deuxième saison. Les souffrances des personnages sont loins d’être terminées. On continue notamment de suivre le deuil des parents de Danny, les cruelles déceptions des personnages lorsqu’ils apprennent être trahis ou encore les bouleversants rebondissements dans le tribunal qui resteront dans les esprits. Toujours affûtée d’une bande son envoûtante, Broadchurch réussit une nouvelle fois à nous affecter dans nos plus grands moments de vulnérabilité.

Car vulnérable, le spectateur le sera, particulièrement lors des scènes au tribunal où chaque témoignage est un nouveau déchirement pour la communauté de Broadchurch qui va voir des secrets se révéler, des doutes se semer et des larmes se verser. A nouveau bien emmenée par son casting, dont le duo David Tennant et Olivia Colman, cette saison et ses personnages restent particulièrement attachants. On continue de ressentir la sincérité et les épreuves des personnages auxquels on s’était particulièrement attachés en saison 1. Les nouveaux arrivants font également leur effet, que ce soit l’avocate de la défense que l’on détestera jusqu’au bout ou au contraire l’avocate Jocelyn pour laquelle on développera de l’affection.

Cette saison n’est pas exempte de défauts et connaîtra même un enchaînement de deux ou trois épisodes moyennement convaincants où le développement des intrigues n’apportera pas grand chose au final. Et sur une saison de seulement 8 épisodes, c’est bien dommage. Ce qui avait fait la force de la série en saison 1 est toujours là, mais on sent que tout est légèrement moins bien maîtrisé, notamment à cause de cette affaire de Sandbrook qui n’implique pas réellement le spectateur, mais aussi par un certain manque de surprises. Alors que Broadchurch avait, pour la plupart, surpris son monde en saison 1, notamment avec la révélation de l’identité du tueur de Danny, cette seconde saison ne surprend plus autant. 

La série a été renouvelée pour une troisième saison, et j’avoue ne pas être convaincu par cette décision, la première saison se suffisait à elle-même, la seconde libère Alec de ses démons et conclut le meurtre de Danny. Une troisième saison ne semble pas être nécessaire, il aurait peut-être était plus sage de s’arrêter maintenant.

Note : 6,5/10. En bref, moins convaincante que la première, cette saison de Broadchurch reste particulièrement touchante et sait jouer de ses atouts. On retiendra particulièrement les scènes du tribunal qui sauront être bouleversantes, mais l’inefficacité de l’affaire de Sandbrook à nous impliquer entache une saison qui aurait pu être plus efficace. Le casting, l’esthétique et la bande son de la série restent la force majeure d’une série touchante qui saura une nouvelle fois nous rendre vulnérable à tout moment.