Les critiques // Scandal : Saison 4. Episode 10. Run.

Après une pause de deux mois, nos Gladiators sont enfin de retour. Et ce, pour notre plus grand plaisir ! Car le cliffhanger du jeudi 20 novembre 2014 nous avait laissé les quatre fers en l'air et les yeux écarquillés. Comment Andrew Nichols, le Vice-Président, avait-il eu l'idée de s'en prendre à Olivia ? Quelles étaient ses véritables intentions ? Comment Fitz allait-il réagir par la suite ? Comment Jake comptait retrouver Olivia ? Et surtout, où était passée Olivia ? Autant de questions auxquelles ce nouvel épisode ne répond pas forcément.

Grâce à un montage original et franchement épatant, ce qui s'est passé pendant que Jake allait chercher coussins et oreillers dans la chambre à coucher nous est montré, et avec différents points de vue. Si certains trouveront que l'on perd beaucoup de temps dans ces répétitions, ces images récurrentes, force est de constater que le tout a pour but de montrer le savoir-faire d'une équipe technique trop souvent mise de côté. Tout au long de ce dixième épisode donc, le spectateur est assailli de sons et d'images parasites qui viennent le dérouter autant que l'est Olivia. Et c'est une parfaite immersion que les scénaristes nous proposent ici. Si ce n'est pas la première fois qu'il y a immersion expérimentale dans Scandal, on avait jamais été autant emmené par la main dans l'esprit torturé d'Olivia Pope.

Cette dernière a été emmenée par des hommes qu'elle ne connaissait pas, dans un endroit qu'elle ne connaît pas et séjourne aux côtés d'un homme qu'elle ne connaît pas non plus. Bref, il y a beaucoup d'éléments qu'elle ignore et c'est tant mieux. Car moins elle en sait, plus elle nous impressionne. La Olivia sûre d'elle et parfaitement coiffée n'est plus, place à une Olivia sauvage et au bord de la crise de nerfs. Rien de ce qu'elle voit n'est réel et c'est pourtant dans sa "prison" que la quasi-totalité de l'action va se dérouler cette semaine. Nous n'en sortirons qu'au moment d'une séquence onirique censée nous montrer les remparts psychologiques de l'héroïne. Un effet plus qu'usé mais toujours dont l'efficacité n'est plus à prouver.

Complètement centré sur Olivia (mais alors vraiment centré sur elle et seulement elle !), "Run" est un véritable tour de force dans l'histoire de la série. Réaliser un épisode se déroulant dans un espace aussi clos que l'aile crasseuse d'une fausse prison n'est pas simple, autant pour l'équipe derrière la caméra que pour le spectateur. Si l'on a pu taper du pied à certains moments à cause de  cette sensation de suffoquer, il semble que nous respirerons davantage la semaine prochaine. En attendant, les scénaristes nous ont laissé ici avec une Kerry Washington plutôt incroyable. Nous qui pensions avoir déjà fait le tour de son jeu, l'actrice de 37 ans nous en met à nouveau plein la vue. Quand son personnage change, son jeu s'adapte et la série n'en est que meilleure.

Si cet épisode ne répond pas à la question "Où est passée Olivia Pope?", admettons qu'il est unique en son genre. On peut se lasser, s'impatienter, être agacé ou carrément furieux devant séquence finale, les scénaristes ont fait du très bon boulot. Grâce à cette petite pause dans la surenchère de drama politique, "Run" nous rappelle à tous que Scandal est aussi un thriller. C’est-à-dire une série qui doit nous déranger, nous laisser pantois et constamment nous surprendre. Mais que les fans de drama se rassurent, avec la série de Shonda Rhimes, les vieilles habitudes ont la vie dure…

Note : 9/10. Bref, en voilà un épisode original !

Dans le prochain épisode : 

Par : Wyzman Rajaona